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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 11:22

Signe des temps, on parle de la crise de l’euro alors qu’il faudrait parler de la crise de la zone euro. Pourquoi ? Tout simplement parce que la monnaie unique résiste aux tensions même  si nombre de commentateurs spécialisés envisagent l’éclatement de la zone euro, et que, à l’image des travaux de l’OCDE, la récession se profile à l’horizon. Cela mérite une explication que nous allons tenter.

 

L’euro s’échange toujours au même niveau qu’il y a un an. Bonne surprise donc, mais pas si étonnant que ça si l’on regarde dans le rétroviseur. En effet, c’est au moment où en 1990 le japon était plongé dans une très forte récession, avec un système bancaire en grande difficulté, que le yen a commencé à s’apprécier, une raison à cela : le rapatriement d’actifs de la part des banques japonaises. On assiste aujourd’hui au même phénomène : les banques européennes ne pouvant accéder aux liquidités en dollars se sont repliés sur leurs produits domestiques. De plus, les marchés sont en attente et si les capitaux n’ont pas fui, c’est que personne ne croit à la disparition de la zone européenne. L’euro représente 26 % des réserves de changes mondiales (60 % pour le dollar) et de plus les Bunds allemand sont considérés par les investisseurs comme sûrs. Et pour clore : les marchés, selon les experts, ne croient pas à un dévissement de la paire euro-dollar.    

 

En fait l’économie de la zone euro s’est brisée sur le mur de la dette (90 % du Produit Intérieur Brut rien que pour la France, 121 % pour l’Italie). La crise financière a eu pour effet de mettre à jour la dette publique de l’ensemble des pays de la zone euro. Cela s’est produit en deux temps : la crise financière a débouché sur une crise économique au niveau de la majorité des pays européens à la recherche d’une relance économique qui se faisait attendre. La }locomotive~américaine étant elle-même en situation difficile : dégradation de sa note, dette abyssale (100 % de son PIB), chômage croissant.

 

Face à une situation de recul de l’activité, les états ont donc enregistré moins de recettes, alors que leurs dépenses sociales augmentaient, d’où un creusement des déficits, et un recours à l’emprunt. Mais, comme le recours à l’emprunt existait bien avant la crise, l’absence de reprise économique a creusé encore plus l’écart entre dépenses et recettes. D’où une dérive des finances publiques qui peut conduire à la faillite d’un état. La Grèce est à ce titre exemplaire, et ce d’autant que les taux directeurs de l’époque étaient si bas que le pays a pu s’endetter de façon déraisonnable.    

 

Revenons si vous le voulez bien sur le premier temps, la crise financière. Elle a montré la grande fragilité du système bancaire miné par les subprims. Un système qui n’a dû son salut que grâce à l’intervention conjuguée des banques centrales et des états. Une aide qui ne fut jamais gratuite puisque les prêts consentis par la France par exemple s’accompagnaient d’un taux d’intérêt de 4 % alors qu’elle empruntait à l’époque à 2 %.

On a de la sorte évité le pire (l’effet systémique) mais le système bancaire européen reste sous perfusion et ne sortira du gué que lorsque la BCE mettra en place toute une série de mesures susceptibles de rassurer les investisseurs. Ce qu’elle compte faire puisqu’elle a commencé par baisser son taux directeur, et ce d’autant que les fonds monétaires américains se sont retirés. Mais elle n’aidera les états que lorsque ceux-ci auront fait montre de discipline budgétaire.

S’il fallait s’arrêter quelques instants sur les banques européennes, nous dirions que celles-ci doivent se recapitaliser de façon à reconstituer leurs fonds propres ; et que dans cette course à la recapitalisation (l’EBA, le régulateur européen, a estimé les besoins du secteur bancaire à 106 milliards d’euros à trouver d’ici mi-2012) les établissements sont conduits à prendre des mesures drastiques, mais aussi à se retourner vers leurs produits domestiques. Qui somme toute est une bonne chose car ils reviennent à ce pour quoi ils existent.  

La suite d'ici quelques jours.

En attendant, toute l'actualité financière et immobilière sur le site www.kacius.fr

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Published by KACIUS - dans Economie
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