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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 11:25

La crise de l’euro, une suite ….. 

… sans fin !! 

 

Dans un précédent article nous nous interrogions sur la situation de la zone euro. Cela nous avait permis de constater que les pays de la zone avait subi « le choc le plus violent de la crise » et que, par voie de conséquence pour nombre d’économistes, il y avait nécessité de faire converger nos économies, et de mettre en place une zone monétaire optimale, prémisse à une fédération économique et financière puis à terme politique !!

 

Nous constations également que la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (le TSCG) impose une règle d’or lourde à supporter par les effets induits. 

 

En effet, cette décision entraine la mise en œuvre d’un plan d’austérité drastique qui de l’avis de nombreux économistes (de droite comme de gauche) peut avoir un effet désastreux au niveau économique et social (le remède pouvant être plus mortifère que le mal)… 

 

 Mais les décisions gouvernementales semblent rassurer provisoirement les marchés financiers. Est-ce « LA SOLUTION » ou n’existe-t-il pas une alternative, dès lors que nous avons été  dégradé et que les perspectives économiques ne sont pas bonnes ?

 

Pour notre part, nous vous avions présenté plusieurs façons de traiter la question de la crise de la zone euro (cf. notre article s’intitulant : « l’euro : l’avenir de tous les possibles ») :

 

- Garder la monnaie unique, ce qui implique une intégration économique plus poussée, un fédéralisme bancaire et financier, une union politique.

 

- Passer de la monnaie unique à la monnaie commune, ce qui conduit à retrouver sa souveraineté (monétaire) sans pour autant quitter la zone euro.

 

- Sortir de l’euro, ce qui permet de retrouver sa souveraineté, de mettre en œuvre divers mesures structurelles, mais en dehors de la zone euro. 

 

La direction prise a pour paradigme, la zone euro comme espace économique et financier, et entraine diverses exigences budgétaires (Cf. Notre précédent article sur la nature de ces règles budgétaires et dans les faits les décisions gouvernementales actuelles). 

 

Nous pensons qu’il est difficile de faire « machine arrière », i.e. sortir de la zone euro. Encore que… mais cela impliquerait une véritable « révolution culturelle » et nous nous demandons si l’ensemble de la population française y serait prête ?!

 

Pour avancer dans notre réflexion, nous allons nous intéresser à la question de la dette. Elle va nous permettre de montrer (dans le cas de la zone euro) les implications de la mise en œuvre  du modèle anglo-saxon : l’accès aux marchés financiers. Nous nous demanderons ensuite comment en sortir, et ce en dehors de la pensée unique sur cette question.

 

 

De la dette « souveraine » à un défaut de liquidité ?

Le cahier du journal « le monde » du mardi 4 décembre nous fournit la matière : 40 000 milliards de dollars de dette des Etats. Une entrée en matière pour aborder les « nouvelles règles du jeu de l’endettement des Etats de la zone euro ». 

 

L’Editorial de Philippe ESCANDE a pour intérêt de mettre en lumière une évidence : depuis longtemps (pas moins de 6 000 ans) tous les Etats se sont endettés, et « la dette a financé les guerres, mais aussi la renaissance, la révolution industrielle ou celle d’Internet. C’est la vertu du capitalisme ». Donc ce n’est pas nouveau, comme il n’est pas nouveau que certains états, entreprises ou particuliers n’ont pas pu honorer leur dette, et se sont vus privés de leur liberté (cf. la Grèce antique pour reprendre un exemple du journaliste auteur de l’éditorial).

 

Sur le plan pratique, explique-t-il, la dette est « un devoir, une obligation ».  Si le prêteur s’engage, il s’entoure aussi de précautions notamment par le biais du taux d’intérêt : plus le risque est grand plus le taux d’intérêt est élevé.

 

Un individu peut être acculé à la faillite, l’Etat peut, quant à lui, quand il a toute sa souveraineté, augmenter les impôts, battre la monnaie ou encore dévaluer et répudier ses prêteurs (comme le fit l’Argentine en 2 000). C’est pourquoi on dit que la dette d’un Etat est « souveraine ».

 

Mais, et c’est là le hic, les pays de la zone euro ne peuvent ni dévaluer, ni « battre la monnaie », car il n’existe plus de banque centrale… la seule solution pour chacun d’eux est alors :

 

- d’accepter les taux des marchés financiers tout en demandant de l’aide aux instruments de secours (FSE et MSE) si nécessaire ;

 

- d’effectuer une dévaluation interne, c'est-à-dire une baisse des coûts notamment salariaux ;

 

- et bien sûr, d’augmenter les impôts tout en diminuant les dépenses tant de fonctionnement que d’investissement.

 

Un Etat de la zone euro peut donc faire appel à la BCE, mais sous certaines conditions car celle-ci ne fonctionne pas comme une banque centrale, et ne peut donc jouer le rôle de préteur en dernier ressort. Elle peut cependant acheter des titres  publics sur le marché (200 milliards jusqu’ici) ou prêter aux banques (1 000 milliards depuis le 1er janvier 2012 à 1 % sur 3 ans) afin que ces dernières achètent des emprunts d’Etat. En conclusion, elle ne peut agir qu’indirectement.

 

 Dès lors, explique Michel AGLIETTA (économiste) il y a un risque de « privatisation de la dette souveraine » c'est-à-dire que la dette publique devient comparable à la dette privée, ce qui peut entrainer une « mise en défaut » des Etats, un risque d’illiquidité tout simplement.

 

Hors les besoins en liquidités, pour financer, à court terme (2014) la dette « souveraine » des pays en difficulté, peuvent être estimés à 90 milliards pour le Portugal, 50 milliards pour l’Irlande, de 250 à 300 milliards pour l’Espagne. C’est donc, avec les besoins de la Grèce, un total de 390 à 440 milliards d’Euros qu’il faudra fournir !! Mais cela implique des transferts fiscaux et des charges d’emprunts supplémentaires que la population allemande par exemple n’ait pas prête d’accepter (Jacques SAPIR « l’agonie de l’euro »).

 

En France, on assiste déjà à une dégradation de la note des banques suivie par celle de l’Etat. Et, plus grave encore, on constate une incapacité des gouvernements de la zone à trouver des solutions qui soient à la fois communes et efficaces.

 

 

Comment en sortir ?  

 

Soumettre les Etats à une austérité drastique est l’option prise par la quasi-totalité des pays de la zone euro fortement endettés (tous les pays du sud), avec l’espoir de calmer les marchés. Cette option accompagnée d’une solidarité entre les Etats membres (fonds de sauvetage, achats de titres) a permis (mais pour combien de temps) de stabiliser la crise financière.

 

Mais « le marasme économique » s’est installé écrit le périodique « Alternatives économiques » dans un hors-série intitulé : « l’Europe a-t-elle un avenir ? ». Et notamment la revue se demande s’il est possible d’échapper à l’austérité (déjà en marche selon nous) alors que notre pays est en récession et voit son chômage augmenter (près de 11 %). 

 

Nouriel Roubini, l’économiste connu pour avoir « prédit » la crise de 2008, se montre particulièrement tranchant. L’Europe n’a qu’une alternative : l’intégration, ou la désintégration. 

 

Alors, si l’on reparlait du deuxième scénario : passer de la monnaie unique à la monnaie commune présentée dans notre article s’intitulant : « la zone euro, l’avenir de tous les possibles ?

 

 Qu’écrivions-nous à l’époque ? Ceci :

 

Plusieurs économistes (Jacques SAPIR, Bruno LEMAIRE, Jean-Michel QUATREPOINT) sont favorables à l’adoption d’un mécanisme diffèrent : la monnaie commune. Opter pour cette solution conduit à ce que l’euro ne soit plus une monnaie mais une unité de compte permettant de comparer entre elles les diverses monnaies nationales. Chaque pays  recouvre ainsi sa souveraineté  monétaire. Une condition : la mise en place d’une réglementation des marchés pour empêcher toute spéculation. 

 

Cela permettrait de procéder à un réajustement monétaire, sur la base d’un euro national calculé en fonction de la puissance économique du pays (appréciée en la comparant à celles des autres pays). En procédant ainsi, on pourrait selon Bruno LEMAIRE (en donnant la valeur 1 à un eurofranc) construire l’échelle suivante : 1.2 pour l’euromark, 1 pour l’eurofranc, 0.9 pour l’eurolire, 0.8 pour l’europeseta…

 

Une manière de prendre en compte : la sous-évaluation du mark, la surévaluation de la lire et de la peseta. Ce qui permet pour les pays qui dévaluent, de passer d’une « dévaluation interne » à une « dévaluation externe ». Pour la France la dévaluation se traduirait  par une baisse du pouvoir d’achat estimé à 2 %. Une baisse que la croissance retrouvée permettrait de combler. 

 

Recourir à la monnaie nationale est un exercice simple explique Jean-Jacques ROSA car aujourd’hui la monnaie est essentiellement scripturale (i.e. des comptes en banque). Du jour au lendemain il suffit de décréter que votre compte de 10 000 euros est désormais de 10 000 francs. Il a fallu une semaine à la Slovaquie pour mettre en place sa monnaie. 

 

Avec ce nouveau mécanisme le pays redevient maître de sa monnaie, peut dévaluer et retrouver une certaine compétitivité. Mais il lui faudra honorer ses dettes. Car, un tel mécanisme ne supprime pas l’effort à faire et la nécessité d’un retour à la rigueur budgétaire. Mais, c’est la BCE qui prêterait directement à un taux voisin de 0,25 %. 

 

La monnaie commune dans son fonctionnement garantirait aux états (via la BCE qui garderait un rôle central : fixation des taux de change réajustés tous les ans, orientation du cours de la monnaie…) la stabilité recherchée, tout en donnant au système des marges de fluctuation (-2,5 +2,5) pour tenir compte des évolutions respectives. L’un des objectifs recherchés est de s’émanciper des marchés financiers et des agences de notation. 

 

Ajoutons, que dans un tel scénario, les transactions commerciales et financières avec les pays « hors zone » seraient assurées par la monnaie commune. Une monnaie cotée sur les marchés financiers mais selon des règles bien précises et sur la base d’un accord collectif se rapportant aux mouvements de capitaux et aux opérations de marché.

 

Enfin, adoption d’un plan de relance concerté et coordonné avec une hausse des salaires de 10 % en Belgique, France, Italie et Espagne, de 15 % aux Pays-Bas et de 20 % en Allemagne ; émission d’un montant  de 1 000 milliards d’euros par la BCE constitués « d’avances aux trésors publics » et d’une dotation à la BCI ; établissement d’un contrôle strict des capitaux aux frontières de la zone euro.

 

Mais, la quasi-totalité des économistes et la majorité des responsables politiques considèrent que seul le fédéralisme, d’abord financier et économique, puis à terme politique, peut sauver les pays de la Zone euro.

 

Une voie possible et privilégiée, mais l’on voit combien sa mise œuvre a un prix fort pour les populations, et a du mal à donner des effets positifs, du moins à court terme. Une raison simple : l’hétérogénéité des cadres juridiques, institutionnels ou culturels des états concernés, ainsi que la diversité de leurs systèmes productifs et financiers. 

 

Asymétrie des économies mais aussi des comportements comme des politiques économiques et sociales, telle est l’image aujourd’hui des pays de la zone euro.

 

Alors pourquoi ne pas faire preuve d’un peu de réalisme en s’intéressant également à la mise en place d’une confédération des Etats qui intègre comme scénario : le passage de la monnaie unique à la monnaie commune ?

 

D’autant que la voie, que privilégient les partisans du fédéralisme, induit nécessairement : une diète pour les états. Elle se traduira par une baisse globale du pouvoir d’achat de 4 à 5 %, suivie d’une période de stagnation de 3 ans minimum (Cf. jean Pisani-Ferry).

 

Dans l’article prochain nous reviendrons aux fondamentaux de l’économie. Une façon de régler la question suivante : l’économie s’occupe-t-elle uniquement des moyens, et serait alors qu’une science pratique ou n’est-ce pas plutôt une science liée aux sciences morales et sociale au point de se confondre avec elles ? 

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Published by KACIUS - dans Economie
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