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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 14:34

Question qui semble ne devoir être plus de mise après la conférence de presse du président, et pourtant cela ne semble pas si sûr. Car de quoi parle-t-on exactement ? 

Disons tout de suite que deux écoles s’affrontent :


L’école libérale : 


Elle est favorable à une politique d’offre, arguant du fait que l’offre crée sa propre demande ou dit autrement que c’est la production qui ouvre des débouchés aux produits ; il s'agit donc de lever les freins à l'initiative privée.

Les partisans de « l’économie de l’offre » sont favorables à ce que le gouvernement lève le plus possible les freins fiscaux et réglementaires qui entravent la croissance. Comment ? En diminuant notamment l’impôt pesant sur l’activité des entreprises ou sur le revenu des travailleurs.

Dans le même temps, des subventions peuvent être accordées aux entreprises de certains secteurs jugés comme « porteuses d’avenir ». Des subventions qui, avec l’allègement des charges, doivent favoriser l’innovation et l’investissement (comme ce fut le cas dans les années 90 avec le téléphone mobile et Internet) et créer ainsi de nouveaux besoins. Ce qui vient augmenter la demande.

Adversaires de « la politique de la demande », les faits semblent leurs donner raison : les politiques de la demande de ces dernières années ont eu pour effet à la fois d’augmenter de façon exponentielle la dette publique, et de gonfler les importations avec comme conséquences un déficit commercial abyssal et des destructions d’emplois notamment dans l’industrie.

Comme le président de la république l’expliqua lors de sa conférence de presse du 14 janvier : la faiblesse de la profitabilité des entreprises est patente mais (nous ajoutons) elle s’accompagne dans le même temps d’une demande atone. 

Une note du Crédit Agricole  met le doigt sur cette faiblesse de la profitabilité des entreprises : 

« La faiblesse de profitabilité s’explique principalement par trois facteurs : un poids élevé des prélèvements sociaux ; une progression rapide des coûts salariaux unitaires, conséquences de fortes hausses de salaire par tête (même en cas de hausse du taux de chômage) et de gains de productivité assez faibles ; une hausse sensible des autres coûts (consommations intermédiaires, fiscalité). »

Ainsi, les entreprises françaises font face à une compétitivité-coût dégradée ; des entreprises inscrites dans un cercle vicieux d’érosion des profits par les hausses de coûts subies, et sans capacité d’investir pour concurrencer les pays bénéficiant d’une compétitivité-coût plus favorable.


Une réalité qui justifie (selon le président lui-même) la mise en œuvre d’une politique de l’offre pour désengager les entreprises, notamment celles positionnées sur des produits de milieu de gamme. 


L’école Keynésienne 


Elle privilégie, quant à elle, une politique de la demande, arguant du fait  qu’à défaut de commande de clients, les entreprises n'investissent pas, ce qui affecte leur développement ; il s’agit de combiner politiques économiques et politiques sociales.

Si les partisans de cette école reconnaissent que la production des marchandises précède forcément la consommation, c’est à dire la demande, celle-ci (la production) est conditionnée par la demande anticipée, appelée « demande effective ». En fait pour produire, les entreprises font le pari qu’elles pourront vendre leur production, autrement dit, elles font le pari qu’elles vont pouvoir vendre leur production. Et plus les salaires seront élevés plus la demande anticipée le sera.

A partir de cette analyse, il convient donc d’embaucher pour fabriquer plus de marchandises. C’est là que l’état intervient pour palier l’offre insuffisante des entreprises. Que constatons-nous aujourd’hui ? 

La demande de consommation émane des ménages or leur revenu est affecté par des années de gel des salaires, du coup les ménages n’ont pas les moyens de se procurer les biens et services qui stimuleraient la croissance. De plus, les politiques d’austérité des gouvernements ont un effet négatif sur la demande publique. Et comme le commerce international est un système clos, tout le monde ne peut pas compter sur les exportations pour sortir de la crise.

Concrètement, Il faudrait que l’état dispose d’une marge de manœuvre suffisante pour investir dans la construction d’infrastructures permettant d’accroître l’efficacité de l’économie à long terme, tout en créant des emplois sur le court terme. 

Dans le même temps, le gouvernement doit inciter les banques à prêter aux petites et moyennes entreprises. Cela contribuerait à créer un climat local propice à l’investissement et au développement des sociétés, et conduirait également à créer des emplois.

Une telle démarche passe par une politique de relance. L’état intervenant dans l’économie via des mesures qui ont pour objectif de relancer l’économie, diminuer le chômage et rassurer les ménages. 

L’on sait par ailleurs qu’il y a dans le monde un excès de profits par rapports aux salaires. Un excès de profit qui se traduit par une suraccumulation d’épargne oisive, d’où le niveau extrêmement bas des taux d’intérêt.

La politique de relance peut porter sur : 

•    la baisse des coûts des crédits bancaires (mais aujourd’hui cette mesure est du domaine propre de la BCE) ; 
•    l’augmentation des dépenses publiques (une mesure « contrat cyclique » difficile à utiliser du fait de la dette publique) ; 
•    une politique réglementaire visant à modifier la gouvernance des entreprises, des banques et des institutions sociales (à réaliser en cohérence avec les autres pays de l’Union Européenne).


Inexistence du conflit entre politique de l’offre et politique de la demande ?


Quelle politique économique retenir ? Nombre d’économistes et de responsables politiques considèrent qu’il s’agit d’agir avec circonspection et jouer soit sur l’offre, soit sur la demande selon les situations du moment. 

Arrêtons donc ce débat (semblent-ils nous dire) entre politiques de soutien de l’offre et politiques de soutien de la demande.

C’est ce que pense Patrick ARTUS quant-il écrit que « les politiques de l’offre, menées au bon moment, sont à terme favorables à la demande » . 

Ainsi, explique-t-il plus loin, savoir si l’on doit utiliser l’une ou l’autre politique dépend de la situation économique du moment : partage des revenus, profitabilité, compétitivité ; aujourd’hui, il faut soutenir l’offre en France et en Italie, la demande en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon .

Danièle BLONDEL  professeur à l’université de Dauphine va plus loin en nous expliquant  que la collectivité subit les conséquences d’une erreur stratégique, à savoir « notre crispation sur un modèle productiviste » qui nous a conduit à rechercher le profit financier à court terme et une demande d’assistanat industriel. 

Alors qu’il nous faudrait plutôt prendre le risque de valoriser le capital cognitif et humain en finançant l’innovation. Elle conclut en écrivant que « la contrainte qui bride aujourd’hui la croissance durable et humaine n’est donc pas tant budgétaire que culturelle ».


Pour conclure provisoirement


Ce que l’ensemble des spécialistes savent, c’est que la solution adoptée par le gouvernement (une diminution des cotisations) permettra d’une part, de diminuer de 5 % le coût du travail et, d’autre part, d’augmenter de 5 points le taux de marge. 

Si cette politique d’offre favorise une reprise de l’investissement et une montée en gamme des produits français (cf. article du crédit agricole) les effets peuvent cependant s’avérer insuffisants pour être véritablement efficaces. Cela dépendra (expliquent les auteurs de cet article) en partie de l’évolution des salaires mais aussi de la diminution des dépenses publiques.

Soulignons au passage, que dans cette politique de l’offre, présentée par le président de la république, la baisse des charges implique que les entreprises s'engagent, sous une forme ou une autre, à embaucher pour réduire le chômage. Cela est-il réalisable rapidement s’interroge la « tribune » ? 

En effet, les entreprises françaises doivent d’abord reconstituer leurs marges, puis investir pour de la sorte gagner des parts de marché. C’est ensuite et seulement ensuite qu’elles embaucheront pour répondre à un besoin plus important de production. Et la « tribune » se demande si les français seront attendre des résultats probants ? Même si les marchés, pour leur part, soutiendrons cette nouvelle orientation.

[1] France : cap sur une politique de l’offre 15 janvier 2014

[2] Politiques de l’offre et politiques de la demande : en réalité, il n’y a pas de contradiction

[3Relance par l'offre ou par la demande : un faux dilemme

 

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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 11:25

La crise de l’euro, une suite ….. 

… sans fin !! 

 

Dans un précédent article nous nous interrogions sur la situation de la zone euro. Cela nous avait permis de constater que les pays de la zone avait subi « le choc le plus violent de la crise » et que, par voie de conséquence pour nombre d’économistes, il y avait nécessité de faire converger nos économies, et de mettre en place une zone monétaire optimale, prémisse à une fédération économique et financière puis à terme politique !!

 

Nous constations également que la ratification du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (le TSCG) impose une règle d’or lourde à supporter par les effets induits. 

 

En effet, cette décision entraine la mise en œuvre d’un plan d’austérité drastique qui de l’avis de nombreux économistes (de droite comme de gauche) peut avoir un effet désastreux au niveau économique et social (le remède pouvant être plus mortifère que le mal)… 

 

 Mais les décisions gouvernementales semblent rassurer provisoirement les marchés financiers. Est-ce « LA SOLUTION » ou n’existe-t-il pas une alternative, dès lors que nous avons été  dégradé et que les perspectives économiques ne sont pas bonnes ?

 

Pour notre part, nous vous avions présenté plusieurs façons de traiter la question de la crise de la zone euro (cf. notre article s’intitulant : « l’euro : l’avenir de tous les possibles ») :

 

- Garder la monnaie unique, ce qui implique une intégration économique plus poussée, un fédéralisme bancaire et financier, une union politique.

 

- Passer de la monnaie unique à la monnaie commune, ce qui conduit à retrouver sa souveraineté (monétaire) sans pour autant quitter la zone euro.

 

- Sortir de l’euro, ce qui permet de retrouver sa souveraineté, de mettre en œuvre divers mesures structurelles, mais en dehors de la zone euro. 

 

La direction prise a pour paradigme, la zone euro comme espace économique et financier, et entraine diverses exigences budgétaires (Cf. Notre précédent article sur la nature de ces règles budgétaires et dans les faits les décisions gouvernementales actuelles). 

 

Nous pensons qu’il est difficile de faire « machine arrière », i.e. sortir de la zone euro. Encore que… mais cela impliquerait une véritable « révolution culturelle » et nous nous demandons si l’ensemble de la population française y serait prête ?!

 

Pour avancer dans notre réflexion, nous allons nous intéresser à la question de la dette. Elle va nous permettre de montrer (dans le cas de la zone euro) les implications de la mise en œuvre  du modèle anglo-saxon : l’accès aux marchés financiers. Nous nous demanderons ensuite comment en sortir, et ce en dehors de la pensée unique sur cette question.

 

 

De la dette « souveraine » à un défaut de liquidité ?

Le cahier du journal « le monde » du mardi 4 décembre nous fournit la matière : 40 000 milliards de dollars de dette des Etats. Une entrée en matière pour aborder les « nouvelles règles du jeu de l’endettement des Etats de la zone euro ». 

 

L’Editorial de Philippe ESCANDE a pour intérêt de mettre en lumière une évidence : depuis longtemps (pas moins de 6 000 ans) tous les Etats se sont endettés, et « la dette a financé les guerres, mais aussi la renaissance, la révolution industrielle ou celle d’Internet. C’est la vertu du capitalisme ». Donc ce n’est pas nouveau, comme il n’est pas nouveau que certains états, entreprises ou particuliers n’ont pas pu honorer leur dette, et se sont vus privés de leur liberté (cf. la Grèce antique pour reprendre un exemple du journaliste auteur de l’éditorial).

 

Sur le plan pratique, explique-t-il, la dette est « un devoir, une obligation ».  Si le prêteur s’engage, il s’entoure aussi de précautions notamment par le biais du taux d’intérêt : plus le risque est grand plus le taux d’intérêt est élevé.

 

Un individu peut être acculé à la faillite, l’Etat peut, quant à lui, quand il a toute sa souveraineté, augmenter les impôts, battre la monnaie ou encore dévaluer et répudier ses prêteurs (comme le fit l’Argentine en 2 000). C’est pourquoi on dit que la dette d’un Etat est « souveraine ».

 

Mais, et c’est là le hic, les pays de la zone euro ne peuvent ni dévaluer, ni « battre la monnaie », car il n’existe plus de banque centrale… la seule solution pour chacun d’eux est alors :

 

- d’accepter les taux des marchés financiers tout en demandant de l’aide aux instruments de secours (FSE et MSE) si nécessaire ;

 

- d’effectuer une dévaluation interne, c'est-à-dire une baisse des coûts notamment salariaux ;

 

- et bien sûr, d’augmenter les impôts tout en diminuant les dépenses tant de fonctionnement que d’investissement.

 

Un Etat de la zone euro peut donc faire appel à la BCE, mais sous certaines conditions car celle-ci ne fonctionne pas comme une banque centrale, et ne peut donc jouer le rôle de préteur en dernier ressort. Elle peut cependant acheter des titres  publics sur le marché (200 milliards jusqu’ici) ou prêter aux banques (1 000 milliards depuis le 1er janvier 2012 à 1 % sur 3 ans) afin que ces dernières achètent des emprunts d’Etat. En conclusion, elle ne peut agir qu’indirectement.

 

 Dès lors, explique Michel AGLIETTA (économiste) il y a un risque de « privatisation de la dette souveraine » c'est-à-dire que la dette publique devient comparable à la dette privée, ce qui peut entrainer une « mise en défaut » des Etats, un risque d’illiquidité tout simplement.

 

Hors les besoins en liquidités, pour financer, à court terme (2014) la dette « souveraine » des pays en difficulté, peuvent être estimés à 90 milliards pour le Portugal, 50 milliards pour l’Irlande, de 250 à 300 milliards pour l’Espagne. C’est donc, avec les besoins de la Grèce, un total de 390 à 440 milliards d’Euros qu’il faudra fournir !! Mais cela implique des transferts fiscaux et des charges d’emprunts supplémentaires que la population allemande par exemple n’ait pas prête d’accepter (Jacques SAPIR « l’agonie de l’euro »).

 

En France, on assiste déjà à une dégradation de la note des banques suivie par celle de l’Etat. Et, plus grave encore, on constate une incapacité des gouvernements de la zone à trouver des solutions qui soient à la fois communes et efficaces.

 

 

Comment en sortir ?  

 

Soumettre les Etats à une austérité drastique est l’option prise par la quasi-totalité des pays de la zone euro fortement endettés (tous les pays du sud), avec l’espoir de calmer les marchés. Cette option accompagnée d’une solidarité entre les Etats membres (fonds de sauvetage, achats de titres) a permis (mais pour combien de temps) de stabiliser la crise financière.

 

Mais « le marasme économique » s’est installé écrit le périodique « Alternatives économiques » dans un hors-série intitulé : « l’Europe a-t-elle un avenir ? ». Et notamment la revue se demande s’il est possible d’échapper à l’austérité (déjà en marche selon nous) alors que notre pays est en récession et voit son chômage augmenter (près de 11 %). 

 

Nouriel Roubini, l’économiste connu pour avoir « prédit » la crise de 2008, se montre particulièrement tranchant. L’Europe n’a qu’une alternative : l’intégration, ou la désintégration. 

 

Alors, si l’on reparlait du deuxième scénario : passer de la monnaie unique à la monnaie commune présentée dans notre article s’intitulant : « la zone euro, l’avenir de tous les possibles ?

 

 Qu’écrivions-nous à l’époque ? Ceci :

 

Plusieurs économistes (Jacques SAPIR, Bruno LEMAIRE, Jean-Michel QUATREPOINT) sont favorables à l’adoption d’un mécanisme diffèrent : la monnaie commune. Opter pour cette solution conduit à ce que l’euro ne soit plus une monnaie mais une unité de compte permettant de comparer entre elles les diverses monnaies nationales. Chaque pays  recouvre ainsi sa souveraineté  monétaire. Une condition : la mise en place d’une réglementation des marchés pour empêcher toute spéculation. 

 

Cela permettrait de procéder à un réajustement monétaire, sur la base d’un euro national calculé en fonction de la puissance économique du pays (appréciée en la comparant à celles des autres pays). En procédant ainsi, on pourrait selon Bruno LEMAIRE (en donnant la valeur 1 à un eurofranc) construire l’échelle suivante : 1.2 pour l’euromark, 1 pour l’eurofranc, 0.9 pour l’eurolire, 0.8 pour l’europeseta…

 

Une manière de prendre en compte : la sous-évaluation du mark, la surévaluation de la lire et de la peseta. Ce qui permet pour les pays qui dévaluent, de passer d’une « dévaluation interne » à une « dévaluation externe ». Pour la France la dévaluation se traduirait  par une baisse du pouvoir d’achat estimé à 2 %. Une baisse que la croissance retrouvée permettrait de combler. 

 

Recourir à la monnaie nationale est un exercice simple explique Jean-Jacques ROSA car aujourd’hui la monnaie est essentiellement scripturale (i.e. des comptes en banque). Du jour au lendemain il suffit de décréter que votre compte de 10 000 euros est désormais de 10 000 francs. Il a fallu une semaine à la Slovaquie pour mettre en place sa monnaie. 

 

Avec ce nouveau mécanisme le pays redevient maître de sa monnaie, peut dévaluer et retrouver une certaine compétitivité. Mais il lui faudra honorer ses dettes. Car, un tel mécanisme ne supprime pas l’effort à faire et la nécessité d’un retour à la rigueur budgétaire. Mais, c’est la BCE qui prêterait directement à un taux voisin de 0,25 %. 

 

La monnaie commune dans son fonctionnement garantirait aux états (via la BCE qui garderait un rôle central : fixation des taux de change réajustés tous les ans, orientation du cours de la monnaie…) la stabilité recherchée, tout en donnant au système des marges de fluctuation (-2,5 +2,5) pour tenir compte des évolutions respectives. L’un des objectifs recherchés est de s’émanciper des marchés financiers et des agences de notation. 

 

Ajoutons, que dans un tel scénario, les transactions commerciales et financières avec les pays « hors zone » seraient assurées par la monnaie commune. Une monnaie cotée sur les marchés financiers mais selon des règles bien précises et sur la base d’un accord collectif se rapportant aux mouvements de capitaux et aux opérations de marché.

 

Enfin, adoption d’un plan de relance concerté et coordonné avec une hausse des salaires de 10 % en Belgique, France, Italie et Espagne, de 15 % aux Pays-Bas et de 20 % en Allemagne ; émission d’un montant  de 1 000 milliards d’euros par la BCE constitués « d’avances aux trésors publics » et d’une dotation à la BCI ; établissement d’un contrôle strict des capitaux aux frontières de la zone euro.

 

Mais, la quasi-totalité des économistes et la majorité des responsables politiques considèrent que seul le fédéralisme, d’abord financier et économique, puis à terme politique, peut sauver les pays de la Zone euro.

 

Une voie possible et privilégiée, mais l’on voit combien sa mise œuvre a un prix fort pour les populations, et a du mal à donner des effets positifs, du moins à court terme. Une raison simple : l’hétérogénéité des cadres juridiques, institutionnels ou culturels des états concernés, ainsi que la diversité de leurs systèmes productifs et financiers. 

 

Asymétrie des économies mais aussi des comportements comme des politiques économiques et sociales, telle est l’image aujourd’hui des pays de la zone euro.

 

Alors pourquoi ne pas faire preuve d’un peu de réalisme en s’intéressant également à la mise en place d’une confédération des Etats qui intègre comme scénario : le passage de la monnaie unique à la monnaie commune ?

 

D’autant que la voie, que privilégient les partisans du fédéralisme, induit nécessairement : une diète pour les états. Elle se traduira par une baisse globale du pouvoir d’achat de 4 à 5 %, suivie d’une période de stagnation de 3 ans minimum (Cf. jean Pisani-Ferry).

 

Dans l’article prochain nous reviendrons aux fondamentaux de l’économie. Une façon de régler la question suivante : l’économie s’occupe-t-elle uniquement des moyens, et serait alors qu’une science pratique ou n’est-ce pas plutôt une science liée aux sciences morales et sociale au point de se confondre avec elles ? 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 19:58

 

Les élections présidentielles ont porté à la tête de l’Etat, François HOLLANDE. Son gouvernement applique une politique qui prend en compte les obligations inhérentes au choix de non seulement rester dans la zone euro mais aussi de prolonger la dynamique conduisant à plus ou moins longue échéance à un fédéralisme économique.  C’est de cela que nous allons parler aujourd’hui ;

 

Une dynamique engagée par la précédente majorité a conduit à la signature du pacte budgétaire (l’objectif étant le retour à l’équilibre budgétaire). C’est ajouté depuis, le pacte de croissance (d’un montant de 120 milliards d’euros) et un accord sur une union bancaire permettant de recapitaliser les banques (accord du 29 juin 2012).

 

Mais, ce qu’il faut avoir à l’esprit aujourd’hui c’est, d’une part la ratification par la France du traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (le TSCG1  qui impose une règle d’or2 ), et d’autre part les décisions du Conseil européen sur l’Union bancaire, la supervision des banques, le rôle de la Banque centrale européenne, la taxe sur les transactions financières.

 

 

Est-ce un bon choix ?

 

Rappelons que la mise en œuvre d’une union monétaire implique : une convergence des performances économiques et une cohérence des politiques économiques (cohérence des politiques entre elles et cohérence entre politiques nationales et communautaires).

 

Or, l’économiste Christian Saint-Etienne constate que « c’est la zone euro qui subit le choc le plus violent de la crise. Donc, non seulement l’Euro n’a pas été un bouclier contre la crise mais a été un élément d’accentuation de celle-ci ». On ne peut qu’être surpris par l’affirmation de cet économiste pro-européen. Il s’en explique.

 

Pour lui, comme pour d’autres économistes qui arrivent au même constat sur la situation de la zone euro, il existe au sein de celle-ci ‘deux modèles de croissance’ avec des performances économiques qui divergent fortement :

 

• l’un, avec comme chef de file l’Allemagne, est basé sur « un modèle industriel exportateur », et des produits à haute valeur ajoutée, ce qui produit des excédents extérieurs de 4 % ;

 

• l’autre, incarné notamment par la France, est fondé sur une économie tirée par la « consommation interne et la dépense publique à crédit » ; ce qui entraine un déficit extérieur de 2 à 4 % du PIB.

 

La cohabitation de deux ensembles de pays aux performances économiques divergentes, mais disposant d’une même monnaie paraît à terme poser problème, au point de remettre en cause l’existence même de la zone euro. 

 

 Une double alternative existe :

  • soit, l’on passe de la monnaie unique à la monnaie commune, l’euro devenant alors une simple unité de compte ;
  • soit, l’on opte pour la mise en place d’une « zone monétaire optimale » avec un gouvernement économique.

 

Au regard des faits, les pays de la zone euro s’orientent vers la résolution de ce paradoxe (l’existence de deux modèles antinomiques) de façon pragmatique. Il s’agit de mettre en place les conditions de construction d’une zone monétaire optimale dont parle Christian de Saint-Etienne.  

 

 

La zone monétaire optimale

 

Robert MUNDELL (prix Nobel d’économie en 1999) est, avec Marcus FLEMING, à l’origine de cette théorie. Pour ces deux économistes, une zone monétaire est optimale si les zones économiques qui la composent n'ont pas de différentiel d'inflation, ne subissent pas de chocs asymétriques mais, au contraire, connaissent une libre circulation des individus (facteur travail) et des flux financiers (facteur capital). 

 

Que nous disent-ils encore ? Une ZMO est un domaine d'application géographique optimal d'une monnaie ou de plusieurs monnaies dont les taux de change sont fixés irrévocablement. 

 

Quant à l'optimalité, elle est définie via un certain nombre de critères : 

  1. Une forte intégration commerciale 
  2. Une mobilité géographique des facteurs de production (travail, capital) entre les régions 
  3. La prédominance des chocs symétriques 
  4. L'existence de mécanismes d'ajustement face aux chocs asymétriques (en particulier, un certain fédéralisme budgétaire).

 

Enfin, les politiques structurelles doivent favoriser le jeu des forces endogènes de renforcement de la zone afin d’aboutir à une convergence des résultats et des politiques économiques, et ce pour que cette unification monétaire soit viable.

 

C’est sur la base de ce double constat : la situation des pays de la Zone euro et les critères de référence exposés ci-dessus, que Christian Saint-Etienne  souligne que trois conditions sont aujourd’hui nécessaires : un gouvernement économique, un budget fédéral et un encadrement de la concurrence fiscale et sociale entre les pays membres.

 

un gouvernement économique : à l’image des Etats Unis qui dispose d’un Etat fédéral coordonnateur,

 

un budget fédéral permettant notamment des transferts de revenus aptes à lisser les chocs asymétriques

 

un encadrement de la concurrence fiscale et sociale entre les pays membres (avec une forte mobilité du travail et du capital)

 

Quelques précisons sont utiles dans le débat actuel sur l’avenir de l’euro :

 

Selon Kenen, moins les économies sont spécialisées (au sens de plus elles ont une production diversifiée), moins elles sont sensibles aux chocs ; en effet, si la demande pour un produit décline, les conséquences du choc sur la production et sur l’emploi sont bien moins étendues que s’il s’agit de la monoproduction d’un pays. Les économies diversifiées peuvent plus facilement adopter des changes fixes et s’intégrer à une zone monétaire que celles qui ne le sont pas.

 

Pour Ingram et Johnson, une zone monétaire (taux de change fixes et monnaie unique) ne peut fonctionner, et à plus forte raison être optimale, sans une mobilité totale des capitaux et une libéralisation de l’offre des services financiers de sorte que les déficits éventuels sont financés sans pressions, ni sur les taux de change, ni sur les taux d’intérêts.

 

A cela il convient d’ajouter, la coassurance régionale apportée par un système fiscal intégré et par un budget centralisé (fédéral).

 

La convergence doit être comprise ici à trois niveaux :

  • convergence nominale (taux d'inflation) : la première condition de stabilité monétaire est la convergence des taux d'inflation des différents pays ;
  • convergence réelle (taux de croissance) : les taux de croissance des pays membres ne peuvent diverger de façon importante et durable ;
  • convergence structurelle : elle permet une bonne adaptation de l'appareil productif à la demande (internationale et nationale)

 

 

Quel scénario retenir ?

 

Pour Christian de Saint-Etienne, il s’agirait de réaliser ‘une véritable fédéralisation sur le principe d’une zone monétaire optimale’…‘Qui doit prendre en compte les intérêts stratégiques des Etats’. Et de continuer en expliquant que ‘les pays qui n’ont pas joué le jeu, comme l’Irlande’…’en serait par exemple exclus. Comme ceux qui n’ont pas été clairs dans leur compte’ (la Grèce pour ne pas la citer). Et de terminer en disant qu’il croit à une Europe à neuf comprenant : la France, l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne et le Portugal.

 

Un avis qui n’est pas partagé par tous car, pour reprendre certains commentaires, il y a en réalité deux zones euros :

 

l’une est centrée sur la production et l’exportation, avec des excédents de balance courante élevés, constituée de l’Allemagne, des Pays-Bas, de l’Autriche, et de la Belgique ;

 

l’autre qui est centrée sur la consommation, avec des déficits significatifs de balance courante comme en France, en Italie, ou considérables comme en Espagne, au Portugal et en Grèce.

 

Comme ne se profile pas à l’horizon de gouvernement économique et de fédéralisme fiscal, il est, si l’on se place uniquement au niveau économique, justifié d’envisager la partition de l’Euro. 

 

On le voit, ce n’est pas le chemin pris par les responsables politiques. Et l’on peut dire qu’à ce jour, si « le spectre d’une explosion de la zone euro s’est éloigné, de nombreux risques demeurent et la plupart des problèmes de fond demeurent ». (Guillaume DUVAL)

 

En effet :

 La question espagnole demeure. Or, elle ne peut être résolue :

  • d’une part, qu’avec la supervision des 6 000 banques par la BCE, mais le gouvernement allemand s’y oppose ;
  • d’autre part, que si le gouvernement Espagnol fait appel aux instruments de secours (FSE et MSE), mais celui-ci cherche toujours à éviter cette procédure.

 

 La Grèce n’a pas atteint les objectifs fixés par la troïka :

  • elle a besoin impérativement que l’Union débloque la tranche des 31 Milliards d’euros (cf. le plan adopté en février 2012),
  • son gouvernement demande un délai supplémentaire de deux ans pour rétablir les comptes publics,
  • dans un premier temps refus allemand mais face aux risques sociaux et politiques que cela pourrait générer, Berlin a changé d’avis (on attend le vote du parlement).

 

 La France, quant à elle se lance dans un plan d’austérité le plus important depuis l’après-guerre. D’où un double risque :

  • entraîner l’économie française dans la récession
  • annuler les effets positifs pour la zone euro de l’action de la BCE

 

 

Que conclure provisoirement ? 

 

Un constat : les problèmes de fond ne sont pas régler et le ‘feu brule sous la braise’. En fait, les réformes de gouvernance de la zone euro (explique Guillaume DUVAL) ainsi que le pacte budgétaire  se sont centrés uniquement sur le renforcement de la discipline budgétaire. Ce qui est insuffisant.

 

En effet, si quelques indicateurs de convergence ont été introduits, aucune réponse n’a été apportée pour résoudre l’une des causes actuelle de la crise, à savoir le creusement des écarts de compétitivité.

 

Il y faudrait semble-t-il, ‘un budget commun plus conséquent’ et la mise en place de politiques budgétaires sur la base ‘d’autres critères que le niveau des déficits et de la dette’.

 

Alors faut-il discuter d’un nouveau traité ? C’est en tout cas l’avis d’Angela MERKEL. Oui mais à la condition que l’on intègre la question posée par Jacques SAPIR.

 

A quoi doit servir la zone euro ? Et il explique, qu’à l’heure actuelle, l’euro est pour certains, l’économie financière, une bonne monnaie, pour d’autres, l’économie réelle, une mauvaise monnaie. 

 

Pourquoi ? Parce que la zone euro est incomplète dans sa construction. Et l’on revient dès lors à la construction imparfaite de la zone monétaire optimale. 

 

PM Descolonges

 

 

 

 

1  Plus communément appelé "Pacte budgétaire européen", le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l'Union économique et monétaire vise à contraindre les Etats de la zone euro à financer leurs dépenses par leurs recettes et donc à limiter le recours à l’emprunt. Signé par 25 Etats membres de l’UE (tous sauf le Royaume-Uni et la République tchèque), ce nouveau traité, ratifié par la France entrera en vigueur dès le 1er janvier 2013.
2  La règle d’or prévoit d’obliger les Etats à  se doter de dispositions contraignantes destinées à respecter leurs obligations résultant du pacte de stabilité en ce qui concerne la convergence vers leur objectif  de solde structurel à moyen terme. Ce qui signifie que le déficit structurel (tendance durable à ce que les recettes soient inférieures aux dépenses publiques) ne devra pas dépasser 0,5% du PIB (il est actuellement de 4% pour la France).
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Published by KACIUS - dans Economie
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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 16:40

Le président de la république, élu le 6 Mai dernier, a répondu hier soir sur le plateau du 20h de Claire Chazal aux diverses interrogations que se posent les français. François Hollande se donne 2 ans pour « redresser la France » en défendant la lutte contre le chômage et la baisse des déficits qui sont ces deux objectifs majeurs. 

 

Pour le secteur de l’emploi, le président de la république a rappelé ses engagements: 100.000 emplois d'avenir d'ici la fin de l'année et la mise en place des contrats de génération «pour toutes les entreprises ». Il promet également « d’inverser la courbe du chômage d’ici un an ». De plus, François Hollande a donné aux partenaires sociaux jusqu’à la fin de l’année 2012 pour trouver un compromis sur la réforme du marché du travail. Le chef de l'État a plaidé pour un système «plus souple et en même temps plus protecteur pour les salariés».   

 

Le président de la république est revenu également sur les grands enjeux macro-économique qui attendent la France. Il a déclaré avoir demandé au gouvernement d'établir le projet de loi de finances 2013 en fonction d'une prévision de croissance «réaliste», «sans doute 0,8%». Avant son intervention télévisée, l'exécutif n'avait pas encore corrigé sa prévision de croissance de 1,2% pour 2013, jugée intenable par de nombreux économistes.

 

Faute de croissance, le chef de l’Etat a déclaré dimanche que les impôts augmenteraient l’an prochain de 10 milliards d’euros pour les ménages et de 10 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires pour les entreprises, pour réduire le déficit public de l’Etat français. François Hollande a décidé notamment d'une hausse d'impôts quasi-généralisée pour les ménages via un gel du barème de l'impôt sur le revenu, d'une taxe exceptionnelle sur la part des revenus dépassant un million d'euros, et de l'alignement de la taxation des revenus du capital sur celle des revenus du travail.

 

Pour ce qui est de la taxation à 75% sur les revenus annuels supérieurs à 1 million d’euros, François Hollande a affirmé qu'il n'y aurait «pas d'exceptions» pour les artistes ou footballeurs touchant une rémunération de plus d'un million d'euros. «Ce sera une contribution exceptionnelle par son taux: toutes les rémunérations supérieures à 1 million d'euros seront taxées à 75%», a-t-il dit, en ajoutant: «En prenant en compte toutes les autres contributions versées, impôt sur le revenu, CSG etc.». Cette disposition devrait être en vigueur pendant deux ans, a ajouté François Hollande.

 

La volonté du chef de l’Etat est simple, il a pour objectif de réduire le déficit public durant son quinquennat pour atteindre l’équilibre budgétaire en 2017. Il souhaite également réduire le chômage et donc créer de l’emploi pour accroître la compétitivité. Sa vision macro-économique de la situation est tout à fait louable, mais est-ce la meilleure politique pour la France ? Est-ce que cette politique ne va pas le rendre plus impopulaire ? Seul le futur nous le dira. Ce qui est sûr, c’est que les français attendent des actions dans les prochains mois et non dans les prochaines années. 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 16:58

 

La ministre du logement a confirmé ce jeudi le doublement du plafond du Livret A actuellement fixé à 15 300 euros, malgré les critiques du secteur bancaire. Le principal objectif est de lever plus de fonds pour financer la construction de logements sociaux.

 

Cécile Duflot a confirmé jeudi 31 Mai 2012 l'engagement de campagne de François Hollande de doubler le plafond du Livret A de 15 300 euros à 30 600 euros, sans préciser la date de mise en œuvre, et dans le but de construire plus de logements sociaux ainsi que des logements intermédiaires. En effet, sur les dépôts effectués sur le livret A seuls 35 % sont conservés par les banques, le reste allant directement à la Caisse des dépôts pour le financement des logements sociaux. Selon la ministre, le doublement du plafond « permettra de dégager des ressources supplémentaires pour financer la construction des logements » et « l’objectif est de réaliser chaque année 150 000 logements sociaux ». Pour atteindre, l’objectif fixé, Cécile Duflot a également indiqué que le prélèvement de 245 millions d’euros par an sur la trésorerie des 800 organismes HLM « sera supprimé ».  "Cette ponction est injuste et contre-productive", avait auparavant affirmé Michel Ceyrac, président des ESH (Entreprises sociales pour l’habitat). 

 

Cependant cette mesure ne fait pas l’unanimité. En effet, pour François Pérol, le patron de BPCE, cela ne va rien résoudre, car, selon lui, «  le problème du logement social, ce n’est pas le financement (…) c’est l’offre, c’est la disponibilité de terrains, c’est la capacité de construire ». De plus, ajoutait-il, "c'est une mesure qui sera coûteuse pour les finances publiques puisque cela ne va pas générer d'épargne supplémentaire, cela va simplement faire que les Français vont transférer de l'épargne qui, aujourd'hui, est fiscalisée sur un produit qui ne l'est pas, le Livret A". Sans être aussi tranchant, Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, a d'ailleurs appelé le gouvernement sur le timing de la réforme, afin que ces transferts prévisibles ne mettent pas les banques et les assurances "sous tension". En fait, selon diverses études, la mesure ne générerait qu’un déplacement de fonds de 15 à 30 milliards d’euros, sur une épargne totale des ménages qui s’élève à 3 000 milliards d’euros. «A l’échelle des bilans des banques et des assureurs, cette mesure apparaît comme marginale», estime un banquier. Cette offensive contre la revalorisation des plafonds se joue au grand jour et en coulisse. Depuis trois semaines banquiers et assureurs font le siège de Bercy où ils ont leurs entrées et où ils trouvent des oreilles attentives à leurs arguments. Une manière de marquer des points face au ministère du Logement qui a également son mot à dire dans ce dossier. 

 

Le gouvernement réfléchirait à une augmentation "par étape" des plafonds. "On sait parfaitement que les grandes manœuvres ont commencé dès le lendemain de la présidentielle", assure Thierry Repentin, le président de l'USH (Union Social pour l’Habitat), dans Libération. Pour l'heure, c'est l'un des dossiers phares de Cécile Duflot. Après avoir reçu le président de l'USH ainsi que Didier Ridoret, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), la ministre doit rencontrer vendredi le directeur adjoint de la Caisse des dépôts et conciliations, Antoine Gosset-Grainville. Dans son "agenda du changement", François Hollande indique que ce doublement du plafond du livret A interviendra "entre le 6 mai et le 29 juin". Il lui reste donc un mois pour respecter cet engagement.

 

La ministre du Logement a par ailleurs indiqué que serait engagée "la rénovation thermique d'un million de logements par an". L'entourage de la ministre a précisé que les aides pour améliorer l'efficacité thermique concerneraient 600.000 logements anciens et 400.000 neufs. Enfin, Cécile Duflot a assuré que le gouvernement ferait bien passer l'obligation pour les communes de plus de 3.500 habitants d'atteindre un quota de logements sociaux de 20% à 25%.

 

En attendant le doublement de son plafond, le livret défiscalisé préféré des français, voit sa collecte atteindre des records. Selon les chiffres de la Caisse des dépôts, sur les quatre premiers mois de 2012, l'encours du Livret A a augmenté de 9,69 milliards d'euros, contre 8,91 milliards d'euros sur la même période en 2011, qui reste pourtant comme le deuxième meilleur millésime de l'histoire, avec 17,38 milliards d'euros. L'encours total du livret A s'établissait à 226,6 milliards d'euros fin avril. 

 

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 11:49

L’euro : l’avenir de tous les possibles

 

Dans un précédent article, nous écrivions que « la monnaie unique résiste aux tensions ». Une façon pour nous de dire que le problème de fond nous paraissait être la dette publique. Mais du fait des difficultés rencontrées par plusieurs pays, nous nous demandions également « comment éviter une sortie de la zone euro » tout en ajoutant que les économistes avancent diverses solutions.

Dans cet article nous voulons prolonger notre réflexion sur l’avenir de l’Euro. Pourquoi ?

Chaque pays, face aux difficultés monétaires, économiques et sociales peut très légitimement se demander s’il est pertinent de garder une monnaie qui l’a conduit à abandonner sa souveraineté tout en acceptant des règles budgétaires et monétaires qui lui apparaissent aujourd’hui contraignantes. D’autant que la crise financière montre que rien n’a été prévu pour l’aider en cas de difficulté.

Il était admis, par tous les tenants de la zone euro, que l’intégration économique (via la monnaie unique) était la façon la plus à même de permettre à terme une homogénéisation des économies. Pour y parvenir un mixte de deux modèles : le modèle rhénan (l’économie sociale de marché) pour construire un système productif performant, auquel on lui adjoint le modèle anglo-saxon (l’accès aux marchés financiers) pour rendre possible les investissements publics et privés. Liberté des capitaux, des échanges mais aussi du travail, tel fut l’hypothèse centrale qui a présidé au montage tel que nous le connaissons.

 Mais, les partisans d’une telle approche  avaient mal apprécié (dans la mesure où chaque pays reste maitre chez soi) :

 - les effets « pervers » d’un tel système (bulle immobilière, augmentation des déficits, avantages comparatifs conduisant à des perdants et des gagnants…) ;

 - que les disparités territoriales n’allaient pas se résoudre de façon mécanique et ce malgré les aides financières octroyées.

 

Asymétrie des économies mais aussi des comportements comme des politiques économiques et sociales, telle est l’image aujourd’hui des pays de la zone euro.

Des pays qui ont tous un point commun : un déficit chronique important. Dès lors, comment en sortir sans tomber dans une récession telle qu’elle entrainerait un marasme économique et social irréparable ? Une cure d’austérité est incontournable, mais il faut également retrouver la croissance pour éviter le désastre. Nous voilà confronté à un paradoxe qui peut être mortifère si nous ne trouvons pas une solution rapidement.

La réponse étant à choix multiples, nous pouvons dire qu’il n’y a pas une mais plusieurs réponses. Sachant que le système actuel ne permet pas : une aide directe de la BCE, une dévaluation compétitive ou encore un certain protectionniste. Alors, le choix n’est pas seulement technique, il est aussi politique.

 

Nous vous proposons trois réponses possibles : garder la monnaie unique ; passer de la monnaie unique à la monnaie commune ; sortir tout simplement de la zone euro.

 

1ère réponse : garder la monnaie unique

 

Si l’on opte pour cette option, Il s’agit tout d’abord de ramener la dette publique de chacun des pays concernés à un niveau qui les rend solvables. Un surplus budgétaire, comme le conseil le FMI, permettrait de parer à toute éventualité, mais cela prendra près de 20 ans pour certains pays de la zone euro.

 

Une mesure qui signifie une diète pour les états écrit jean Pisani-Ferry. Elle se traduirait par une baisse globale du pouvoir d’achat de 4 à 5 %, suivie d’une période de stagnation de 3 ans minimum.

 

Il s’agirait dans le même temps de renforcer les institutions financières par une recapitalisation leur assurant des fonds propres conséquents. Une recapitalisation qui s’accompagnerait d’un fédéralisme bancaire et financier de façon à les rendre autonomes.

 

La fragmentation des états de la zone euro favorise leur vulnérabilité, alors que la zone euro prise comme un tout apparait en meilleure posture que les Etats Unis ou le Royaume Uni explique Jean Pisani-Ferry. D’où l’idée Keynésienne, d’émettre des euro-obligations qui permettrait de financer de grands projets. Jacques DELPLA et Jacob Von WEIZSACKER, tous les deux économistes, suggèrent la création d’une « agence de la dette commune » qui émettrait ces euro-obligations garantis par tous les états.

 

Cela implique, pour que cette agence fonctionne, une solidarité entre les états, et passe par l’instauration d’un contrôle à priori pour obtenir l’accord politique de tous. Ce qui signifie un droit de regard mais aussi un droit de véto de chaque pays membre sur le programme d’émission de dettes de ses partenaires. Ingérence qui, selon toute vraisemblance, implique une union politique pour que cela fonctionne sur le long terme.

 

Les questions économiques à résoudre dans les pays de l’Europe du sud (y compris la France) suppose des modalités tenant compte de la spécificité de chaque territoire :

 - une approche macroéconomique centrée sur une inversion des taux d’inflation (plus en Allemagne, moins en Espagne…) de façon à résorber les écarts accumulés ;

- une panoplie de mesures comme la dévaluation interne (i.e. la baisse des coûts du travail et des prix), la ré-industrialisation par des aides publiques, ou encore le financement des entreprises via le capital privé.

 

En résumé Jean Pisani-Ferry préconise : une intégration économique plus poussée ; un fédéralisme bancaire et financier ; une union politique. Trois axes qui semblent devoir être retenus si la 1ère solution est adoptée pour sortir de la crise de l’euro.

 

2ème réponse : passer de la monnaie unique à la monnaie commune

 

Plusieurs économistes (Jacques SAPIR, Bruno LEMAIRE, Jean-Michel QUATREPOINT) sont favorables à l’adoption d’un mécanisme diffèrent : la monnaie commune. Opter pour cette solution conduit à ce que l’euro ne soit plus une monnaie mais une unité de compte permettant de comparer entre elles les diverses monnaies nationales. Chaque pays  recouvre ainsi sa souveraineté  monétaire. Une condition : la mise en place d’une réglementation des marchés pour empêcher toute spéculation.

 

Cela permettrait de procéder à un réajustement monétaire, sur la base d’un euro national calculé en fonction de la puissance économique du pays (appréciée en la comparant à celles des autres pays). En procédant ainsi, on pourrait selon Bruno LEMAIRE (en donnant la valeur 1 à un eurofranc) construire l’échelle suivante : 1.2 pour l’euromark, 1 pour l’eurofranc, 0.9 pour l’eurolire, 0.8 pour l’europeseta…

 

Une manière de prendre en compte : la sous-évaluation du mark, la surévaluation de la lire et de la peseta. Ce qui permet pour les pays qui dévaluent, de passer d’une « dévaluation interne » à une « dévaluation externe ». Pour la France la dévaluation se traduirait  par une baisse du pouvoir d’achat estimé à 2 %. Une baisse que la croissance retrouvée permettrait de combler.

 

Recourir à la monnaie nationale est un exercice simple explique Jean-Jacques ROSA car aujourd’hui la monnaie est essentiellement scripturale (i.e. des comptes en banque). Du jour au lendemain il suffit de décréter que votre compte de 10 000 euros est désormais de 10 000 francs. Il a fallu une semaine à la Slovaquie pour mettre en place sa monnaie.

 

Avec ce nouveau mécanisme le pays redevient maître de sa monnaie, peut dévaluer et retrouver une certaine compétitivité. Mais il lui faudra honorer ses dettes. Car, un tel mécanisme ne supprime pas l’effort à faire et la nécessité d’un retour à la rigueur budgétaire. Mais, c’est la BCE qui prêterait directement à un taux voisin de 0,25 %.

 

La monnaie commune dans son fonctionnement garantirait aux états (via la BCE qui garderait un rôle central : fixation des taux de change réajustés tous les ans, orientation du cours de la monnaie…) la stabilité recherchée, tout en donnant au système des marges de fluctuation (-2,5 +2,5) pour tenir compte des évolutions respectives. L’un des objectifs recherchés est de s’émanciper des marchés financiers et des agences de notation.

 

Ajoutons, que dans un tel scénario, les transactions commerciales et financières avec les pays « hors zone » seraient assurées par la monnaie commune. Une monnaie cotée sur les marchés financiers mais selon des règles bien précises et sur la base d’un accord collectif se rapportant aux mouvements de capitaux et aux opérations de marché.

 

Enfin, adoption d’un plan de relance concerté et coordonné avec une hausse des salaires de 10 % en Belgique, France, Italie et Espagne, de 15 % aux Pays-Bas et de 20 % en Allemagne ; émission d’un montant  de 1 000 milliards d’euros par la BCE constitués « d’avances aux trésors publics » et d’une dotation à la BCI ; établissement d’un contrôle strict des capitaux aux frontières de la zone euro.


3ème réponse : sortir de l’euro et créer un nouveau franc

 

Sortir de l’euro est techniquement faisable explique Philippe MEURER (professeur de finance à la Sorbonne). De plus elle n’entraine pas de facto l’éclatement de l’Union Européenne. De son côté, Jacques SAPIR a détaillé dans une note les mesures qu’il faudrait prendre pour réussir la sortie de l’euro. Intéressons-nous à ce que nous disent ces deux économistes.

 

Disons tout de suite, que comme dans le cas de la monnaie commune l’échelle des valeurs des monnaies nationales entre elles seraient, du fait des dévaluations attendues de la part de la France, de l’Italie et de l’Espagne : de 1.2 pour le mark2012, de 1 pour le franc2012, de 0,9 pour la lire2012 et de 0,8 pour la peseta2012.

 

Un retour effectif à la monnaie nationale nécessite du point de vue technique un délai d’un mois. Diverses mesures doivent être prises : blocage des prix, fermeture de la bourse de Paris et des marchés, contrôle des capitaux avec sanctions dissuasives, etc.

 

Est déclaré (comme le fit Franklin Roosevelt en 1933) des « vacances bancaires » (une semaine) de façon à déterminer notamment celles qui sont viables et celles qui sont en faillite (ces dernières sont nationalisées à 0 euro et renflouées par l‘état qui en prend le contrôle) ; aucun virement ni opération de change ne sont possibles, le particulier paie en euros ses achats pour ses besoins quotidiens ; les dettes et contrats en euros (entre particuliers et entreprises françaises) sont transformées en franc2012 ; tous les euros sur les comptes bancaires sont transformés en franc2012 à 1 pour 1.

 

La dette de l’Etat, qui emprunte au taux symbolique de 0,25 % à la Banque de France, reste en « ancien euro » (un panier comprenant le franc et le nouvel euro) si la zone euro n’éclate pas. Une dette qui varie selon que le franc baisse ou monte de 10 % par rapport à l’euro. Si la zone euro éclate, l’Etat français rembourse sur la base des pondérations prévalant lors de la mise en place de l’euro : 20 % en francs, 27 % en mark, 18 % en lire…

 

Les contrats d’entreprises françaises avec des tiers étrangers restent en « anciens euro » ; les obligations en euro sont transformées en équivalent franc ; les SICAV monétaires en euro sont réévaluées pour la partie composée de titres restant dans la zone euro.

 

Un blocage temporaire des prix et des salaires (3 mois) s’impose. L’objectif est que l’inflation maximale soit de 10 % la première année et ramenée à 7 % puis à 5 % les années suivantes. Précisons que l’inflation n’est pas à priori préjudiciable à l’économie française (elle rend possible les investissements et la consommation si elle s’accompagne d’une hausse des salaires). Une hausse des salaires et des prestations (d’environ 10 %) qui est tout à fait envisageable, compte tenu de la forte dévaluation initiale.

 

Quant à l’inflation importée, elle ne devrait pas entrainer une hausse des prix de plus de

2 % (et donc une baisse temporaire du pouvoir d’achat) du fait de la faiblesse de l’élasticité des importations au taux de change dollar/euro. Une baisse des taxes et un gel des prix sur les carburants est nécessaire malgré tout.

 

Dans ce contexte favorable, le gouvernement pourrait prendre des mesures immédiates maximisant la réaction de l’appareil productif (taux bonifiés, mesures protectionnistes ciblées…) et plus structurelles pour renforcer la compétitivité du territoire et reconstituer le tissu industriel.  

    

Pour conclure provisoirement :

 

On le voit, trois chemins possibles, chacun d’eux est difficile car rien n’est écrit d’avance. Un choix avant tout politique qui selon la décision prise préfigure l’Europe de demain : une Europe fédérale (i.e. des états unis d’Europe) si la 1ère solution est choisie ; une Europe confédérale (i.e. une union d’états) si l’option est la 2ème solution ; une communauté européenne (i.e. une coopération entre états) si c’est la 3ème solution qui est retenue.

 

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 17:38

L'agence de notation Standard&Poors vient de dégrader la note de la France.

Celle ci passe de AAA à AA+.

Les marchés avaient anticipé cette baisse. 

C'est au niveau économique que les retombés vont se faire ressentir avec un resserrement du crédit et du financement, la perte de confiance des fonds pour souscrire de la dette souveraine et les banques suisses très frileuses ne se serviront plus de la dette Française pour sécuriser les actifs de leurs clients.

Le chemin pour reconquérir la note AAA risque d'être long, très long...

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 15:38

Le triple A Français est il définitivement sauvé?

 

Et si la France conservait la meilleure notation ?

 

La note "AAA" de la France, la plus élevée possible, ne devrait pas être abaissée en 2012, a déclaré Ed Parker, qui supervise les notes des pays d'Europe, du Moyen-Orient et d'Afrique chez Fitch Ratings, ajoutant que la zone euro finirait par se désembourber de la crise de la dette souveraine.

En dépit des menaces pesant sur la France, il n'est donc plus certain que cette note soit abaissée. Pour autant, les divergences de situations budgétaires au sein de la zone euro se manifestent déjà sur les marchés. Pour preuve : l'Allemagne a emprunté hier à court terme 3,9 milliards d'euros avec un rendement*... négatif.

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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 19:33

BILAN 2011

 

Economie : ralentissement de la croissance mondiale à partir du printemps

 

La reprise qui s’était amorcée au printemps 2009, puis confirmée en 2010, a marqué le pas à partir du printemps 2011. Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce retournement. Le tremblement de terre au Japon a perturbé les chaînes de production mondiales d’un grand nombre de secteurs industriels. L’envolée du pétrole, en hausse de 50% entre l’automne 2010 et le printemps 2011, et ses effets sur l’inflation ont également pénalisé la croissance. Enfin, l’aggravation de la crise des dettes souveraines en Europe continentale a pesé sur la confiance des agents économiques.

Au final, au troisième trimestre 2011, la croissance du PIB n’excédait pas 1,5% sur un an dans les pays développés, soit un net recul par rapport à ses niveaux de 2010. Dans le même temps, les pays émergents enregistraient également un ralentissement de leur croissance, tout en affichant des rythmes toujours relativement robustes.

La forte hausse du prix du pétrole observée jusqu’au printemps 2011 a eu pour conséquence une poursuite de la remontée de l’inflation dans l’ensemble des zones géographiques jusqu’à l’été dernier. Depuis lors, on observe un déclin progressif du rythme de hausse des prix, à la fois dans les pays développés et dans un nombre croissant de pays émergents, notamment en Chine.

 

Marchés obligataires : écartement record des spreads de taux gouvernementaux dans la zone Euro

 

Malgré l’extension de la crise des dettes souveraines, les obligations bien notées de la zone Euro

(« Investment Grade ») affichent une performance positive sur l’ensemble de l’année 2011. L’indice ML EMU Large Cap Investment Grade progresse de 3,3% sur l’année, soit la meilleure performance parmi les grandes classes d’actifs de la zone Euro. Les obligations d’échéances plus courtes progressent également, mais dans des proportions plus limitées (+2,3% pour les échéances de 1 à 3 ans) tandis que le monétaire rapporte environ 1%.

Le segment des obligations d’Etat de la zone Euro aura été marqué par l’explosion des spreads souverains d’un certain nombre de pays, qui ont ainsi atteint des records depuis la création de l’Euro. Au plus fort des tensions en novembre, le spread souverain à 10 ans vis-à-vis de l’Allemagne approchait ainsi 500 points de base pour l’Italie, 470 points de base pour l’Espagne et 160 points de base pour la France. Les primes de risque se sont par la suite détendues en décembre, mais atteignaient toujours des niveaux relativement élevés en fin d’année.

Le segment des obligations à haut rendement, qui avait connu des performances exceptionnelles en 2009 et 2010, a été quant à lui fortement pénalisé par la montée de l’aversion pour le risque à partir de l’été. Après un bon premier semestre, cette classe d’actifs a enregistré des reculs sévères sur la seconde partie de l’année.

Au final, l’indice ML Euro High Yield recule d’environ 2,5% sur l’année, alors qu’il affichait une hausse de près de 7% au printemps.

 

Marchés actions : le ralentissement du cycle mondial et la crise des dettes souveraines mettent un terme à la reprise des marchés actions

 

Le ralentissement de la conjoncture mondiale à partir du printemps, puis l’extension de la crise des dettes souveraines dans la zone Euro, ont conduit à un retournement brutal des marchés actions au cours de l’été 2011, mettant un terme à la reprise des bourses qui s’était amorcée au printemps 2009. Mesuré en euro, l’indice MSCI World recule de près de 4% sur l’année.

Les disparités géographiques et sectorielles sont assez marquées sur l’année écoulée. La zone Euro, le Japon et les pays émergents accusent des baisses de 10% à 15% en euro, tandis que les marchés américain et britannique, traditionnellement plus défensifs, affichent des performances très légèrement positives. Sur le plan sectoriel, les écarts sont encore plus marqués. Les valeurs cycliques (produits de base et industrie) et les financières concentrent l’essentiel de la baisse, alors que les thématiques défensives (santé, consommation non-cyclique) génèrent des performances positives à deux chiffres.

 

 

PERSPECTIVES 2012

 

Economie : l’issue de la crise des dettes souveraines dans la zone Euro est un facteur de risque important pour la croissance mondiale

 

Les perspectives économiques à l’horizon 2012 apparaissent aujourd’hui très incertaines, compte tenu des risques qui pèsent toujours sur la zone Euro.

A court terme, à l’horizon du premier trimestre 2012, on note de très fortes disparités régionales. Si la croissance mondiale a incontestablement fléchi depuis le printemps 2010, elle demeure malgré tout relativement robuste au Etats-Unis et dans la plupart des zones émergentes. En Europe en revanche, le ralentissement de l’activité est beaucoup plus marqué, et il est à craindre qu’un certain nombre de pays du Sud de l’Europe continentale (dont la France) ne soient entrés récemment dans une phase de contraction de l’activité qui risque de se poursuivre au début 2012.

Au-delà des prochains mois et même si elles s’améliorent progressivement, les perspectives de croissance risquent de rester assez moroses en Europe du fait de l’orientation restrictive des politiques budgétaires. En outre, le risque d’une aggravation de la crise des dettes souveraines demeure, et ses conséquences via le secteur bancaire (« credit crunch ») et la confiance des agents économiques pourraient évidemment être très négatives sur la croissance.

Dans la plupart des autres zones géographiques, l’orientation généralement moins restrictive des politiques économiques constitue un facteur moins défavorable à la croissance. On note cependant que les marges de manœuvre de politique économique (politique monétaire, politique budgétaire) sont extrêmement limitées partout dans le monde, sauf pour la majorité des pays émergents.

L’évolution du cours des matières premières risque une nouvelle fois d’avoir un impact non négligeable sur la tenue du cycle économique mondial en 2012. Si la décrue, pour le moment très limitée, du prix du pétrole se confirme dans les prochains mois, il s’agirait évidemment d’une très bonne nouvelle pour la conjoncture internationale.

Dans ce contexte de croissance modeste, le risque inflationniste devrait continuer à se modérer en 2012. En l’absence de nouvelle hausse des cours des matières premières l’inflation devrait poursuivre la décrue qui s’est amorcée au cours de l’été dans la plupart des zones géographiques.

 

Marchés obligataires : des taux courts encore très bas en 2012

 

La probable poursuite de la décrue de l’inflation et les risques qui entourent les perspectives de croissance devraient se traduire par le maintien de politiques monétaires très accommodantes dans les pays développés en 2012. Les taux d’intérêt à court terme devraient donc se maintenir proches de leurs niveaux actuels, déjà historiquement faibles, voire éventuellement baisser encore dans la zone Euro.

Sur les échéances plus longues, l’absence de menaces sérieuses sur l’inflation devrait limiter le risque d’une remontée sensible des rendements obligataires, d’autant que les courbes de taux affichent encore aujourd’hui des pentes relativement importantes. Dans la zone Euro cependant, les incertitudes qui continuent d’entourer les plans d’assainissement budgétaire et le très net recul de la confiance vis-à-vis de certains émetteurs risquent de constituer des freins pour une normalisation des rendements des obligations d’état.

Pour les segments plus risqués du marché obligataire, c’est la tenue de la conjoncture économique qui sera déterminante. Tant que le risque de récession perdurera dans la zone Euro, il est probable que les obligations à haut rendement continueront d’être pénalisées par rapport aux obligations mieux notées.

 

Marchés actions : incertitudes sur les profits futurs et décotes de valorisation

 

Pour les marchés actions, l’évolution de la conjoncture économique sera également déterminante. A court terme, la zone Euro apparaît de ce point de vue assez pénalisée, compte tenu du différentiel de croissance important qu’elle affiche vis-à-vis des Etats-Unis et des pays émergents.

Toutefois, si les risques d’une récession dure s’éloignent progressivement avec un apaisement des tensions sur les marchés de dettes publiques, les actions de la zone Euro pourraient retrouver un certain dynamisme, compte tenu notamment des niveaux de valorisation qu’elles ont atteints, à la fois absolus et relatifs aux autres classes d’actifs. L’apaisement des craintes dans la zone Euro aurait en outre un effet positif sur l’ensemble des marchés d’actions internationaux.

Du point de vue sectoriel, les thématiques défensives devraient continuer à surperformer les secteurs plus cycliques tant que les perspectives de croissance ne se seront pas éclaircies.

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 11:49

Suite de notre article paru la semaine dernière.

 

Deuxième temps la dette publique : comme nous l’avons écrit plus haut, la crise financière a accentué la crise économique des pays de la zone euro et l’a transformé en crise budgétaire. En effet, ceux-ci pour faire face aux dépenses publiques incompressibles et à une dette en augmentation (du fait de la diminution des recettes), se sont trouvés emportés dans une spirale du surendettement. Sans parler de choix budgétaires pas toujours judicieux qui ont eu pour effet de « charger la barque » au point d’être en cessation de paiement (cf. la Grèce).  

 

Ce qu’il faut souligner également c’est que la nature du surendettement des pays de la zone euro découle aussi des déficits chroniques de leurs échanges avec le monde extérieur. Un endettement à la fois du secteur privé (ménages et entreprises) et du secteur public (les états). Mais quand le secteur privé se désendette (ce qui est le cas aujourd’hui) ce sont les états qui assurent seuls le financement du déficit extérieur. 

 

Les économistes distinguent alors deux cas de déficit chronique : les cas simples et les cas complexes (une façon pour nous de bien comprendre où sont les enjeux).

 

On parle de cas simple quand le pays, en faisant disparaître son déficit budgétaire, fait de facto disparaitre le déficit extérieur. On parle alors de déficits jumeaux extérieur et budgétaire. Il semblerait que la France soit dans cette situation : un déficit de la balance courante (déficit extérieur) égal à 3 - 4 % du PIB à côté de déficits publics importants très supérieurs au déficit extérieur, et ce malgré une forte désindustrialisation.

 

On parle de cas complexe quand la disparition du déficit budgétaire n’efface pas le déficit extérieur. Ce dernier est dû à des causes structurelles qui se cumulent : spécialisation de l’outil productif, perte de compétitivité, effort d’innovation insuffisant… La Grèce, l’Espagne, le Portugal sont confrontés à un déficit structurel que les investisseurs privés ne veulent plus financer.

 

De son côté la bourse, au regard des volumes échangés (en baisse) et de la volatilité des cours (en hausse), semble s’installer dans le rejet du risque. Ce qui fait dire à nombre d’observateurs que selon toute vraisemblance, les investisseurs de moyen - long terme désertent le marché et se prémunissent contre les excès à venir. 

 

Autant d’éléments qui conduisent à se demander comment éviter une sortie de la zone euro de ces pays en situations difficiles ? Diverses solutions sont avancées par les économistes : une Europe fédérale avec transfert de revenus ; le financement des déficits extérieurs par les préteurs institutionnels (Pays du Nord de l’Europe, BCE, FMI) s’accompagnant d’une politique de développement des secteurs exportateurs des pays aidés, une sorte de plan Marshall en quelque sorte ; une zone euro à plusieurs vitesses avec un euro apprécié en fonction de la situation économique et financière des pays (trois sous-ensembles sont envisagés : les pays du nord, les pays du centre et les pays du sud).

 

 Mais dès à présent, pour aller dans la bonne direction, il s’agit, comme l’ont décidé l’Allemagne et la France, de ne pas renouveler l’erreur commise avec la Grèce, à savoir la participation du secteur privé à la résorption de la dette d’un pays de la zone euro. Ainsi, les dettes dites souveraines resteront ce qu’elles auraient dû toujours être : des actifs a priori sans risque puisque le secteur privé, n’étant pas engagé de force dans la restructuration d’une dette, ne cherchera plus à s’en décharger. Ce qui a un effet désastreux, toute dette souveraine étant alors considérée comme une créance douteuse.   

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